Bail de l'EDB à Ébène : le débat sans preuves

Polémique autour du siège de l'EDB à Ébène, sans documents d'évaluation publiés.

Un bail de long terme signé par l'EDB pour son siège à Ébène alimente une controverse politique, sans qu'aucun document d'évaluation n'ait été rendu public. L'affaire remonte à 2018. Cette année-là, un appel d'offres a été lancé pour le siège de l'institution à Ébène. Selon un article largement relayé, un seul soumissionnaire a été jugé « répondant ». Le bail s'étend sur le long terme, avec des loyers et des frais de syndic chiffrés en dizaines de millions de roupies. La construction a pris du retard. Des extensions ont été accordées. Des responsables politiques y voient la preuve d'un avantage indû accordé à un acteur privé proche du pouvoir. Un député de l'opposition a parlé de « faveurs » et de « cronies ». Un nouveau Premier ministre a repris ces termes à son compte. Aucune de ces déclarations ne s'accompagne toutefois de pièces à l'appui. Le dossier public reste mince. Aucun document d'appel d'offres n'a été versé au débat. Pas de rapport d'évaluation, pas de critère de selection, pas d'explication sur les offres écartées. Rien nonmi une expertise indépendante sur les niveaux de loyers, ni de comparaison avec les tarifs du marché. Les critiques brandissent le chiffre du loyer. Un montant seul ne constitue pas une preuve, rappelle l'article source. Sans étalon de comparaison, il n'établit ni dépassement des prix du marché ni infraction aux règles de passation. Le retard de chantier, lui aussi invoqué, peut relever de contraintes techniques ou administratives. Aucune intervention personnelle dans l'issue du processus n'a été documentée. Deux éléments factuels contredisent l'hypothèse d'un arrangement clandestin. Le cadre contractuel décrit inclut des clauses standard de révision indexée. Il prévoit aussi des possibilités de sortie après 2027, sans pénalité. L'appel d'offres, enfin, a été annoncé et signé par l'institution elle-même. Le débat porte désormais sur la transparence de la procédure. La publication des critères, des évaluations et des motifs de rejet des offres permettrait de trancher. En leur absence, l'affaire reste un différend politique sans base documentaire. L'EDB publiera-t-il un jour ces pièces, ou laissera-t-il la polémique s'épuiser d'elle-même ?