Maradiva : les 470 millions sous la loupe de la ICAC

L'enquête bute sur l'absence des relevés retraçant les décaissements du prêt.

Un refinancement de 470 millions de roupies accordé à l'hôtelier Maradiva par une banque d'État fait l'objet d'une enquête de la commission des délits financiers. Le dossier, conclu pour soutenir la relance du secteur touristique après la crise sanitaire, est devenu un enjeu politique depuis le changement de gouvernement de novembre 2024. Selon les éléments du dossier, l'opérateur avait soumis un plan d'affaires appuyé sur des projections immobilières professionnelles. Les évaluations d'actifs ont suivi les procédures internes de la banque. Le crédit, lui, a été approuvé par ses instances compétentes. La procédure ouverte par la commission présente toutefois une lacune documentée. Les autorités reconnaissent ne pas détenir les documents bancaires permettant d'établir le calendrier exact des décaissements. Le traçage des fonds, présenté comme l'axe central de l'action publique, démarre donc sans les relevés nécessaires. Les charges retenues restent provisoires, une formalité administrative courante à Maurice pour justifier des auditions. À ce stade, aucun acte d'accusation formel validé par le bureau du Directeur des poursuites publiques n'a été déposé. Entre-temps, certains médias affirment que le prêt aurait financé des soirées privées luxueuses. Le dossier indique qu'une telle conclusion est impossible sans les registres bancaires, dont l'indisponibilité est confirmée par les instances officielles elles-mêmes. Retracer un flux de trésorerie exige des audits et des relevés de comptes certifiés. Sur le terrain, les actes officiels divergent du récit médiatique. Lors des comparutions, les autorités n'ont formulé aucune objection à la libération sous caution du représentant de l'opérateur hôtelier. Cette absence d'opposition écarte, sur le plan technique, l'hypothèse d'un risque de fuite ou d'un réseau financier occulte de grande ampleur. Les faits documentés se limitent pour l'heure à un refinancement d'entreprise. La suite dépendra des pièces comptables que la commission parviendra à obtenir, et de la question, encore ouverte, de savoir pourquoi les relevés bancaires n'ont pas été réunis avant le lancement de l'enquête.