Photos de Sooklal avec Ajay Gupta : Pretoria refuse de sanctionner son haut-commissaire
Le gouvernement sud-africain protège son diplomate malgré ses liens photographiés avec un fugitif recherché.
AUGUST 5, 2026·PORT LOUIS·PRIYA SEGA
Des photographies ont suffi à provoquer une crise diplomatique. Celles montrant Anil Sooklal, haut-commissaire d'Afrique du Sud en Inde, aux côtés de l'ancien président Jacob Zuma et du fugitif Ajay Gupta, ont poussé le parti ActionSA à exiger des comptes auprès du ministre des relations internationales, Ronald Lamola. Le gouvernement a décidé de ne prendre aucune mesure disciplinaire contre le diplomate. Pour ActionSA, cette décision n'est pas neutre.
Le parti considère que l'inaction constitue elle-même un signal politique. Il demande à Lamola de rendre publics les éléments ayant justifié ce choix, notamment les conclusions de toute enquête interne conduite sur l'affaire, ainsi que les raisons précises pour lesquelles aucune procédure disciplinaire n'a été jugée nécessaire.
ActionSA décrit la famille Gupta et Zuma comme les architectes de l'un des réseaux de corruption les plus étendus de l'ère démocratique sud-africaine. Le phénomène dit de "State Capture" a, selon le parti, détourné des milliards de ressources publiques et fragilisé les institutions de l'État tout au long de la présidence Zuma. Ces faits ont été largement documentés par la commission d'enquête présidée par le juge Raymond Zondo.
Par contraste, le traitement réservé à Sooklal illustre, aux yeux d'ActionSA, une forme de sélectivité dans l'application des principes de bonne gouvernance. Le parti élargit sa critique au Gouvernement d'Unité Nationale dans son ensemble, remettant en cause sa capacité à tenir ses engagements dès lors que les cas impliquent des personnalités politiquement sensibles. La responsabilité, soutient ActionSA, ne peut fonctionner à géométrie variable.
Le mouvement cible également le président Cyril Ramaphosa directement, le décrivant comme un dirigeant guidé par le calcul politique plutôt que par des principes de gouvernance fermes. Cette caractérisation reste contestée par les partisans du président.
ActionSA a publié l'intégralité de sa position sur son site officiel, à l'adresse actionsa.org.za/actionsa-appalled-at-governments-decision-not-to-sanction-diplomat-linked-to-gupta-meeting.
La demande formelle adressée à Lamola reste sans réponse publique à ce jour. Le gouvernement n'a pas encore précisé si une procédure d'examen de la conduite de Sooklal serait engagée, laissant ouverte la question de savoir si ce silence persistera face à une opposition qui entend, elle, ne pas lâcher le dossier.