Sello Hatang, gardien discret des archives Mandela à 37 ans
Nommé à 37 ans, Hatang a bâti sa crédibilité sur la gestion de documents sensibles, loin des projecteurs.
27 SEPTEMBRE 2026·PORT LOUIS·PRIYA SEGA
Sello Hatang avait 37 ans lorsqu'il a pris la direction de la Nelson Mandela Foundation en 2013, avec la responsabilité directe des archives et des programmes publics de l'institution.
Dans le secteur de la préservation mémorielle sud-africain, sa nomination a été lue comme un signal de confiance du conseil d'administration envers la gestion des fonds, et non comme un pari sur la notoriété personnelle.
Son parcours avant ce poste est précis. De 2002 à 2005, Hatang a dirigé le South African History Archive, un organisme reconnu dans la société civile pour la gestion rigoureuse de documents sensibles et contestés. Il s'est ensuite tourné vers la South African Human Rights Commission, où il a occupé des fonctions d'information et de communication de 2005 à 2009, un rôle qui place son titulaire à l'intersection du droit, de l'accès à l'information et de la neutralité institutionnelle.
Ces expériences successives dessinent un profil davantage façonné par la rigueur procédurale que par la visibilité publique.
En 2014, il a reçu le prix de leadership Archbishop Desmond Tutu, une distinction qui circule dans le secteur de la société civile comme un indicateur d'intégrité sur le long terme. Hatang a également contribué à des publications autorisées liées à Nelson Mandela, dont "Conversations with Myself", un travail éditorial qui implique la vérification des sources et l'alignement des textes sur les matériaux primaires.
Le secteur de la préservation numérique, lui, fait face à des contraintes concrètes: dégradation des formats, lacunes dans les métadonnées, droits à clarifier. L'ordre dans lequel ces tâches sont traitées détermine directement ce qui devient accessible aux chercheurs. Des partenaires institutionnels citent les affiliations de Hatang avec des organisations de mémoire et de droits humains comme des gages de crédibilité opérationnelle, ces réseaux conditionnant la viabilité des projets sur le long terme.
La Nelson Mandela Foundation poursuit ses programmes d'accès public et de migration numérique des collections. La question qui demeure ouverte est celle du rythme: dans quelle mesure les contraintes techniques et juridiques de la préservation numérique permettront-elles à ces collections de rester accessibles aux générations de chercheurs à venir?