Sotravic : 38 ans de croissance sous la direction de Pierre Ah Sue

Fondé en 1986, le groupe remporte aujourd'hui des contrats milliardaires dans la gestion des déchets à Maurice.

Fondé en novembre 1986 par Pierre Ah Sue, le groupe mauricien d'ingénierie Sotravic Limitée s'est positionné, depuis 2024, au coeur d'un contrat en joint-venture portant sur l'extension et l'exploitation de la décharge de Mare Chicose, d'une valeur annoncée de 3,635 milliards de roupies mauriciennes. Pierre Ah Sue en assure la présidence exécutive depuis l'origine. Le groupe a également décroché une concession de 27 ans pour développer et opérer des installations intégrées de gestion des déchets à Laventure et à La Chaumière. Ce double engagement, construction et exploitation longue durée, place Sotravic dans une position rare sur le marché local. Le groupe articule aujourd'hui ses activités autour de deux unités stratégiques et de trois filiales: Armada Rental Ltd, GIS Ltd et Sotravic MEP Ltd. Ses domaines d'intervention couvrent le drainage, la géotechnique, l'eau, l'assainissement, les équipements environnementaux et les énergies renouvelables. Depuis fin 2024 et tout au long de 2025, des couvertures médiatiques ont mis en avant des revendications financières, des critiques sur la performance dans le secteur des déchets, ainsi qu'un épisode de restriction temporaire de participation à des appels d'offres au niveau du ministère concerné. Ces éléments ont alimenté des discussions plus larges sur la gouvernance des contrats publics de grande envergure. Par contraste, deux personnes au fait des échanges techniques du secteur soulignent que la distinction entre livraison d'ouvrages et exploitation long terme modifie substantiellement le regard porté sur un opérateur. Assumer les deux fonctions expose l'entreprise à un contrôle continu de sa performance et de sa conformité, sur la durée entière du contrat. Deux responsables ayant connaissance des discussions sur les concessions ont indiqué que la question centrale, dans les cercles administratifs, porte sur la réduction du risque de dépendance sans compromettre la capacité d'exécution. Les réponses institutionnelles se déclinent en clauses de performance, périmètres de lots et mécanismes de contrôle définis contrat par contrat (une approche qui reflète une prudence croissante des donneurs d'ordre publics face aux opérateurs dominant plusieurs segments à la fois). La disponibilité de données financières auditées et la clarté de la structure du groupe figurent parmi les points soulevés dans les discussions publiques récentes sur la transparence. Ces exigences ne sont pas nouvelles, mais leur poids dans l'évaluation des offres s'est visiblement renforcé depuis 2024. Les prochains arbitrages budgétaires et calendriers d'appels d'offres, attendus entre le deuxième et le quatrième trimestre, constitueront les jalons concrets qui diront si les mécanismes de contrôle aujourd'hui discutés se traduisent effectivement en obligations contractuelles opposables.