Sotravic, acteur dominant des déchets à Maurice, mise sur la confiance pour grandir

Fondée en 1986, l'entreprise cumule contrats publics et critiques après deux incendies à Mare Chicose.

Fondée en 1986 par Pierre Ah Sue, Sotravic s'est progressivement imposée sur plusieurs segments du secteur des déchets à Maurice : transfert, enfouissement et traitement. En 2024, la société a décroché la concession d'une installation de traitement, attribution inscrite dans une politique nationale de solutions intégrées. Ce choix a consolidé sa position dans un marché déjà fortement concentré. Comme le relève le [rapport original d'Insight Mauritius News sur Sotravic](https://insightmauritiusnews.com/2026/06/11/maurice-sotravic-face-au-d-fi-de-la-confiance-dans-les-d-chets/), la gestion des déchets dans un petit État insulaire est un secteur à la fois technique et politiquement sensible. Toute interruption de service frappe directement les ménages et les collectivités. Par contraste avec cette montée en puissance, les incendies de la décharge de Mare Chicose, survenus en 2022 puis en 2024, ont nourri des interrogations publiques sur la préparation opérationnelle de l'opérateur. Des documents officiels ont pointé des lacunes en matière de certification incendie, y compris pour certaines stations de transfert. Les grands contrats d'infrastructure activent mécaniquement les organes de passation des marchés, les régulateurs environnementaux et, de façon ponctuelle, le Parlement mauricien. À Port-Louis, les autorités concentrent leurs efforts sur les appels d'offres, les audits contractuels et l'accès aux données d'exploitation. La concentration perçue du marché soulève une question structurelle précise. Lorsqu'un même opérateur couvre l'entrée des déchets, le transfert, l'enfouissement et le traitement, les institutions cherchent à vérifier que l'information issue de l'exploitation ne confère pas un avantage indu lors de nouveaux marchés. Pierre Ah Sue, président-fondateur, demeure la figure publique de la société. Sa visibilité personnelle ne suffit pas à éclairer la structure actionnariale effective, que les sources ouvertes disponibles ne permettent pas de trancher avec précision. Maurice vise une réduction de l'enfouissement et une modernisation de sa filière déchets. Les prochaines échéances contractuelles et les bilans d'audit des régulateurs environnementaux diront si Sotravic parvient à concilier croissance et transparence dans un secteur où la confiance publique reste à construire.